Vivre avec le passé

Permanance urbaine :

Strasbourg : plan romain superposé au plan actuel

 

Les traces du passé peuvent ne pas être matérielles, mais inscrites dans l'organisation spatiale du bâti, comme c'est le cas de nombreuses villes européennes dont le plan actuel conserve le tracé du réseau viaire antique. A Strasbourg, les rues du centre ancien préservent le quadrillage des voies du camp romain, avec son cardo (rue du Dôme) et son decumanus (rue des Hallebardes/rue des Juifs).

Permanance architecturale

Strasbourg : Grenier d'abondance (1441) transformé en ateliers de l'Opéra (2001)

Split (Croatie) : du Palais à la Ville

La ville dalmate de Split est établie sur les vestiges d'un palais construit par un des derniers empereurs romains, Dioclétien, à proximité de sa ville natale. L'organisation du palais reste présente dans le tissu moderne, où ont subsisté des fragments antiques intégrés dans des constructions édifiées pour la plupart mille ans plus tard.

Reconstitution graphique du palais de Dioclétien (IVe siècle ap. J.-C.)

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Le mausolée octogonal et l'une des portes de l'enceinte encore visibles dans la ville actuelle.

Le palais de Dioclétien (plan restitué à droite) était conçu comme une petite ville, ou plutôt un camp militaire romain.

Les constructions datant de la Renaissance ont occupé tout le périmètre du palais, en intégrant certains fragments des bâtiments d'origine (plan tout à fait à droite).

Le vestibule du palais, dont la colonnade est encore en place, délimite de nos jours une place publique

La métamorphose des édifices religieux

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Temples antiques transformés en églises : Grèce, Italie

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Syracuse (Sicile), le temple d'Athéna transformé en cathédrale.

La colonnade extérieure, comblée, devient le mur de l'édifice; le mur intérieur de la cella, percé, devient la colonnade de la nef centrale. Les colonnes antiques, quoique intégralement conservées, n'apparaissent plus que très partiellement.

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Athènes, le temple d'Héphaïstos transformé en église.

Transformation plus simple : sont ajoutés un chevet à l'extrémité orientale, des portes latérales et deux ailes pour former un plan en croix.

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L'église Sainte-Sophie transformée en mosquée, Constantinople.

Après la conquête turque (1453), de nombreuses églises byzantines furent converties en mosquées, avec des modifications mineures : ajout de minaret(s), badigeon sur les fresques et mosaïques, installation d'une niche et d'une chaire tournées vers La Mecque.

La Grande mosquée de Cordoue (Espagne).

Sur un lieu qui accueillait au départ un sanctuaire païen, les Emirs successifs d'Andalousie ont construit puis agrandi une mosquée (plan animé ci-dessous), dans laquelle fut par la suite intégrée une cathédrale (en jaune sur le plan du bas). Il s'agit d'un des plus spectaculaires exemples de conservation de l'édifice ancien lors du changement d'affectation de l'édifice religieux.

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Résistance des édifices de spectacle à l'effacement

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Le théâtre de Saepinum, qui a servi de fondation pour des maisons après son abandon à la fin de l'antiquité.

Le théâtre de Marcellus, à Rome, transformé d'abord en château au moyen-âge, puis en palais à la Renaissance (Palais Savelli 1532). L'architecte Baldassare Peruzzi, en bon connaisseur de l'architecture antique, n'a pas détruit les vestiges du théâtre mais a au contraire rétabli avec deux nouveaux étages le volume initial du bâtiment.

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Les édifices du moyen-âge transformées à la Renaissance

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Lorsque le pouvoir royal, en France, supplanta les féodalités locales, les seigneurs durent démanteler leur châteaux-forts ou les transformer en résidence. Au Château de La Motte (à gauche), on distingue le plan de l'édifice militaire, dont les murs ont été percés pour fabriquer des façades "à l'italienne", et dont certaines tours ont été réduites et recouvertes de toitures décoratives.

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Le grand théoricien et architecte  de la Renaissance Philibert de L'Orme explique par ces deux dessins comment réaliser une extension d'un château médiéval irrégulier, afin d'obtenir un édifice harmonieux - c'est-à-dire symétrique - selon les principes de la nouvelle architecture, inspirée de l'antiquité.

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Sur le  modèle des mausolées antiques, l'architecte et théoricien Léon Battista Alberti transforme une église gothique (grisé sur le plan) en construisant une nouvelle enveloppe (en noir) qui protège et expose derrière une rangée d'arcs les sarcophages du Prince Malatesta et de ses proches. La nouvelle façade, elle, reproduit l'arc romain de la ville.

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Transformation de Thermes romains de Dioclétien en église : Sainte-Marie-des-Anges à Rome

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L'église Sainte -Marie-des-Anges-et-des-martyrs occupe une partie du gigantesque complexe thermal de Dioclétien. Michel-Ange (1560), puis Luigi Vanvitelli (1749), s'occupèrent de cette transformation qui redonne vie à cet édifice, transformation dont seuls demeure l'espace intérieur, la façade baroque ayant été détruite vers 1900.

Fascination pour l'antique : l'étude des ruines et la naissance de l'archéologie

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L'intérêt, à la Renaissance mais plus encore à l'époque classique (XVIIe-XVIIIe siècles) pour l'antiquité va modifier le regard sur les ruines, d'abord dans une perspective romantique. Ainsi les peintres représentent l'antiquité sous forme de ruines pittoresques et non dans le cadre de constructions contemporaines. La ruine devient ainsi le symbole des civilisations anciennes !

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Johann Heinrich Füssli

L'artiste désespéré par la grandeur des oeuvres antiques

Vers 1790

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Cet engouement pour les ruines s'étend à celles du moyen-âge, en particulier dans l'Europe du Nord, qui se cherche un passé prestigieux, comparable à celui des pays méditerranéens.

Destruction et protection des monuments anciens

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A l'époque de Louis XIV, on détruit encore des monuments antiques, comme les magnifiques  "Piliers de Tutelle" à Bordeaux, dont on ne conserve que des dessins.

Le voyageur Cyriaque d'Ancône a également dessiné de nombreux monuments qui ont soit disparu, soit été abimés lors de conflits ultérieurs, comme le Parthénon à Athènes.

La volonté de protéger des monuments antiques se rencontre pour première fois dans un texte du peintre Raphaël (Lettre à Léon X, 1519) qui préconisait des mesures de protection des antiquités romaines.

Mais ces recommandations restèrent lettre morte jusqu'à la Révolution française qui instaura, timidement, la première réglementation concernant les "monuments historiques".

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De la vraie ruine à la fausse ruine ...

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A force de s'imposer comme la représentation la plus courante de l'antiquité, on finit par construire, tout au long du XVIIIe siècle, des "fausses ruines" qui palliaient l'absence de vraies ruines. L'une des plus célèbre est le "désert de Retz", près de Paris, avec sa fausse colonne antique géante, aménagée en confortable demeure destinée à des fêtes de l'aristocratie.

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