"Ruines"

Certaines dégradations ne confèrent pas aux édifices concernés le statut de "ruine".

Perçues comme un accident ponctuel ou superficiel, elles entraînent plutôt l'idée d'une réparation ou d'une remise à neuf pour revenir à l'état d'origine.

Il s'agit en général d'édifices en activité, pour lesquels la dégradation est ressentie comme un mal auquel il convient de remédier.

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Sont également perçus comme édifices à restaurer beaucoup d'édifices dont les dégradations semblent essentiellement résulter d'un abandon, du fait qu'ils ne sont plus fréquentés, utiles donc plus entretenus.

Leur réaffectation possible entraînerait une "remettre en état". Dans certains cas, les architectes, dotés de références archéologiques, garderont des témoins de différentes strates historiques en ne touchant pas à certaines parties du bâtiment.

De nombreux exemples récents mettent en oeuvre cette volonté de laisser apparents les "stigmates" du temps, pour révéler l'histoire du lieu. Mais la notion de "ruine" n'est pas présente dans ce cas, en tout cas pas utilisée.

LA VRAIE RUINE

Le niveau de destruction peut rendre caduque la possibilité de revenir à l'état initial du bâtiment.

Soit la ruine disparaît (exemple : Le WTC à New-York) pour des raisons qui peuvent être techniques, politiques ou autres.

Soit la ruine est acceptée dans son principe. Elle peut être maintenue tel quel, ou faire l'objet d'une intervention qui vise à lui donner sens, à la protéger d'une destruction lente ou lui affecter un usage en rapport ou non avec son usage initial.

Parfois on peut avoir du mal à définir l'objectif de la "restauration" (par exemple les travaux sur l'Acropole dAthènes ?)

La ruine recompose un rapport avec son environnement (le ciel, la nature ...) qui est spécifique à ce type de construction. Elle introduit aussi un jeu sur le fragment.

Vestige incomplet de la construction originale, elle suscite des interprétations différentes selon notre capacité à rétablir le lien avec l'édifice dont elle est issu.

Le retour de la nature sur le territoire de la construction démontre sa capacité à réinvestir les lieux qui ne sont pas entretenus. Elle peut être perçue comme un facteur étranger, aggressif, destructeur, ou au contraire comme un nouvel équilibre entre le naturel et l'artificiel.

Elle fait un clin d'oeil à la posture environnemetale actuel visant à introduire dans les constructions récentes une part significative de végétal.

Fausses ruines

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