Architectures en France (XXe siècle) : Le Corbusier (1950-1965)

1947-52 Unité d’habitation de Marseille ("Cité radieuse")

 

1947 : la commande

La reconstruction daprès-guerre en France semble le moment idéal pour Le Corbusier pour appliquer ses propres idées développées depuis vingt-cinq ans sur le logement collectif (projet dimmeuble-villa, 1922) ainsi que les théories du Mouvement moderne en urbanisme ("La Charte dAthènes", publiée en 1943).

Mais ses différentes propositions se heurtent au conservatisme des autorités locales. A Marseille, le soutien du ministre de la reconstruction, Eugène Claudius-Petit, va lui permettra de réaliser, non pas son plan général de reconstruction des quartiers détruits, mais au moins une Unité dhabitation, qui servira de laboratoire pour ce nouveau type dimmeubles, dont il aura loccasion de construire dautres versions plus tard : Nantes-Rézé, Briay, Firminy, Berlin ...)

vues aériennes générales

Le concept de base : le logement traversant

L’Unité d’habitation est conçue essentiellement à partir dun logement répétitif traversant (ouvrant à lEst et à lOuest pour profiter du soleil toute la journée) en duplex dont deux types inversés sarticulent sur trois niveaux autour dun couloir central (appelée "rue").

Ces logements très étroits bénéficient dune hauteur double pour lespace de vie principal en façade.

Tous les aménagements intérieurs (aménagement et équipements, pour l’époque, très modernes) sont conçus dans le moindre détail. L’architecte designer Charlotte Perriand contribue à l’étude du mobilier et des espaces intérieurs.

Le chantier

Limmeuble est orienté Nord-Sud. En dehors des logements traversants Est-Ouest, il comporte des appartements orientés au Sud. Seul son pignon Nord est aveugle. La construction, bâtie sur pilotis, libère le sol qui est un prolongement du parc réalisé autour de lUnité dhabitation.

La sous-face

Les rues intérieures

vues anciennes

pignon Nord et façade Ouest

pignon Sud et façade Est

vues rapprochées

toiture-terrasse

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1948-53 Notre-Dame-du-Haut, Ronchamp

 

1950 : la commande

Le Corbusier est contacté en 1950 par plusieurs membres de la Commission dArt Sacré de Besançon, en charge du site, en vue de reconstruire la chapelle située sur la colline de Ronchamp, lieu de pèlerinage très ancien. Après un premier refus, Le Corbusier finit par accepter car il est séduit par le site et par la commande : concevoir une petite chapelle recevant deux fois par an une foule considérable ! Quoique de culture protestante et non-croyant, il comprend, à travers ses expériences passées (voyages en Italie, en Grèce, en Inde ...), la ferveur religieuse.

La chapelle, reconstruite en 1912 après un incendie causé par la foudre, avait été bombardée en 1944. Il décide de construire une nouvelle chapelle, en y intégrant les blocs de lédifice détruit. 

1950-51: esquisses

Lors de ses premières visites, Le Corbusier ébauche un projet déjà défini dans ses grandes lignes. Quatre murs orientés vers les "quatre horizons" supportent une toiture massive dont la forme lui est inspirée par la coquille de crabe.

Le mur Sud, qui accueille le pèlerin, et le mur Est, qui accueille un autel de plein air, sont concaves. Les murs opposés, ouest et Nord, sont convexes.

La forme des trois chapelles incluses dans léglise lui est inspirée par des tours déclairage vues à Pompéi dans sa jeunesse.

De très nombreux croquis permettent de suivre lévolution du projet, qui reste fidèle à lidée initiale, mais précise tour à tour les différentes parties de lédifice en intégrant les demandes formulées par la maîtrise douvrage.

Source :

Danièle Pauly

Le Corbusier : la chapelle de Ronchamp

1951 : le projet définitif

Les caractéristiques principales du projet sont dune part les murs en creux Sud et Est, qui se rejoignent en faisant une pointe qui semble supporter la toiture. Les deux autres murs senroulent pour former des chapelles dont les volumes dépassent la masse qui couvre lédifice. A lexception des murs Sud et Est qui se rejoignent, les autres sont isolés, ce qui permet de pratiquer les accès principaux et secondaires.

Le mur Sud, avec ses percements multiple et irréguliers, éclaire lintérieur à travers des "canons à lumière". Le toit est détaché du sommet des murs ce qui créée également un apport de lumière. A lEst, une aire sacrée extérieure profite du débord de la toiture, soutenue par in pilier enveloppé dun volume annexe. 

"une notion se précise : ici, dans de telles conditions, au sommet d'un mont isolé, un seul corps de métier, une équipe homogène, une technique savante, des hommes là-haut, libres et maîtres de leur travail"

(Le Corbusier)

1952 : le chantier

 

 

Le chantier (septembre 1953-juin 1955) se déroule avec des moyens techniques et financiers limités. Le coffrage de toiture, étudié avec des maquettes en fil de fer et papier, donne à cette partie de édifice son caractère "brut", par opposition aux murs, construits avec la technique, rare, du béton projeté et recouverts dun enduit rugueux blanc. L.C. a veillé à éviter lemploi de matériaux susceptibles d'être enflammés par la foudre.

Vues anciennes

Façade Sud

"Des formes sous la lumière. Dedans et dehors ; dessous et dessus. Dedans : on entre, on marche, on regarde en marchant et les formes s'expliquent, se développent, se combinent. Dehors : on approche, on voit, on s'intéresse, on s'arrête, on apprécie", on tourne autour, on découvre. On ne cesse de recevoir des commotions diverses, successives. Et le jeu joué apparaît. On marche, on circule, on ne cesse de bouger, de se tourner. Ce sont des centaines de perceptions successives qui font sa sensation architecturale. C'est sa promenade, sa circulation qui vaut, qui est motrice d'événements architecturaux."

Le Corbusier

Façade Ouest

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Façade Nord

Façade Est

Tour de la chapelle Sud

Portes

Vues intérieures

L'espace intérieur est marqué par la pensanteur du toit tendu comme une voile au-dessus de la nef. Le plan se réfère à une ligne droite dessinée au sol, mais les différents aménagements sont placés de part et d'autres de cet axe, sans souci de symétrie, à l'exception de l'autel, pièce majeure de l'espace sacré. Derrière le mur du fond se développe le sanctuaire extérieur, sous l'avancée protectrice de la couverture.

"L'accès principal de la chapelle se fait par une porte pivotante dont les deux faces carrées, en tôle émaillée, sont recouvertes dune composition vivement colorée. Lorsque la porte pivote sur son axe, elle ouvre l'espace du sanctuaire sur une vaste perspective, vers les collines environnantes. Elle crée, en quelque sorte, un espace-vestibule dans l'entrée de la chapelle et marque une transition entre le monde profane et le monde sacré."

(Danièle Pauly)

Vues intérieures : mur sud

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"à l'intérieur, le mur sud présente donc une inclinaison opposée à celle de l'extérieur et dans sa partie supérieure, un très fin liseret de jour la sépare du toit. Cet espace vide entre la couverture et le mur n'est quasiment pas visible du dehors, car il est très étroit, mais par contre, à l'intérieur, il provoque l'étonnement.

Les sources de lumière étant distribuées de façon parcimonieuse, elles sont, en conséquence, fortement mises en valeur dans un espace relativement sombre et interviennent de façon capitale dans la définition des volumes et de l'espace."

(Danièle Pauly)

Vues aériennes

Carillon (cloches de l'ancienne église) dessiné par Jean Prouvé

pyramide (Monument aux morts)

Construite à partir des gravats restants de l'ancienne chapelle, elle fait office de monument aux morts de 1944. Elle est surmontée dune colombe en métal martelé.

1950-51 Usine Duval, Saint-Dié-des-Vosges

 

1951 Cabanon, Roquebrune

 

1951 Chandigarh (Inde)

 

Plan d'urbanisme général de la nouvelle capitale

Le Secrétariat

documents graphiques

vues générales

vues rapprochées

rampe et toiture accessible

Le Palais de l'Assemblée

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documents graphiques

La Haute Cour de Justice

vues générales

00 vue gén. croquis d'étude